Comprendre le testament de l'imam Khomeini ne suffit pas : encore faut-il l'appliquer

La question posée appelle une réponse d'un seul mot : oui. Mais tout indique que son auteur ne cherche pas vraiment une réponse. Sa question est de celles qui affirment plutôt qu'elles n'interrogent, et elle en dissimule une autre : pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Pourquoi le testament n'est-il pas appliqué ? Pourquoi ce texte, écrit pour la vie, ne sert-il finalement, à certains moments, qu'à des intérêts particuliers ou à justifier certains agissements ? Pourquoi en exploite-t-on et en interprète-t-on certains passages à son propre avantage, tandis que d'autres sont passés sous silence ?

ID: 86442 | Date: 2026/06/25

Peut-être le questionneur veut-il aussi dire ceci : ce testament est fait pour la vie, et si certaines de ses parties se retournent contre la vie, peut-on encore s'y tenir ? Ce sont sans doute les interprétations qui l'ont rendu tel, à moins que ce ne soient les circonstances qui l'aient interprété à leur manière.


Peut-être encore veut-il dire que ce testament est une ordonnance. A-t-on jamais vu enseigner des ordonnances médicales, les faire réciter à l'examen et les noter ? Non : on va chercher les médicaments à la pharmacie et on les prend. Or, dans le pays et à l'université, on enseigne ce texte, on en mémorise les formules et les concepts, on le commente et on l'interprète, mais au stade de l'action, on ne s'en occupe pas.


Ou peut-être la question s'adresse-t-elle directement à nous : vous aussi, dans l'espace virtuel comme dans le monde réel, vous vous êtes contentés de l'enseigner et d'ouvrir des salles de cours. Vous qui avez la charge de l'Institut de compilation et de publication des œuvres de l'imam Khomeini, vous auriez dû réfléchir aux voies de sa réalisation et prendre les devants dans ce domaine, au lieu de ne planifier que son enseignement.


On pourrait certes répondre que le premier pas vers l'action est la connaissance : comprendre une chose avec précision avant de l'appliquer. Si le préparateur ne sait pas lire correctement l'ordonnance, s'il la déchiffre de travers, s'il rédige mal la posologie et que le malade n'y comprend rien, la guérison est-elle possible ? Nous devons donc d'abord bien saisir ce texte, bien le connaître et bien le comprendre, pour pouvoir ensuite agir.


Mais le questionneur peut répliquer : jusqu'à quand resterons-nous à lire et à préparer des ordonnances ? Quand passerons-nous à l'acte ? Plus de trente ans se sont écoulés depuis la disparition de l'imam Khomeini. N'avons-nous pas dépassé le stade de la compréhension pour atteindre celui de l'action ? Dites-le donc : qu'avez-vous fait pour appliquer ce testament ? Lesquelles de ses recommandations avez-vous suivies ? Et notre société, les partisans de la révolution islamique de l'imam, le peuple et les responsables, qu'ont-ils fait ? Lesquels de ses passages ont été mis en œuvre : les recommandations au clergé, aux universitaires, aux militaires, aux agents de l'État, aux gouvernants, aux députés, au Conseil des gardiens, à la direction du pays ? Qui les a appliquées, et dans quelle mesure ? Et l'objectif du testament, le bonheur en ce monde et dans l'autre, jusqu'où l'avons-nous atteint ?