Un avis de l'imam longtemps méconnu
La poursuite de la guerre après la libération de Khorramshahr est le produit de la rencontre de certaines lectures et représentations de la situation. Or l'imam, à un moment donné après cette victoire, avait un avis différent. Ce point a été exposé pour la première fois par Hadj Ahmad Khomeiny, après le décès de l'imam, dans le journal Jomhouri Eslami, et d'autres personnes informées de la position de l'imam l'ont confirmé depuis.
Après la libération de Khorramshahr, l'imam considérait que la guerre ne devait pas continuer sous la forme qu'elle avait alors. Il a exprimé cet avis lors d'une réunion tenue en sa présence avec les membres du Conseil suprême de défense.
Le choix du Conseil suprême de défense
Une partie des participants défendait la position inverse. Leur raisonnement : sans tenir une portion du territoire irakien, l'Iran ne pouvait pas négocier en position de force. Saddam Hussein persistait dans ses prétentions sans fondement, des villes frontalières et des villes libérées restaient sous le feu de l'armée irakienne, la communauté internationale multipliait les injustices envers l'Iran, refusait ses conditions équitables pour mettre fin à la guerre et alimentait la machine de guerre irakienne. La conclusion de ces membres du Conseil : la poursuite des combats s'imposait jusqu'à la conquête de positions acceptables en territoire irakien.
Fidèle à sa manière de faire, l'imam a laissé le Conseil débattre et décider. C'est cette dernière position qui l'a emporté.
De la poursuite des combats à la résolution 598
Par la suite, l'imam a continué de rappeler que Saddam était l'agresseur, de défendre les conditions posées par l'Iran et de tenir face aux pressions. Mais dans les dernières années de la guerre, le contexte international et intérieur avait changé et les demandes de l'Iran avaient été satisfaites sur de nombreux points. Après avoir consulté différents responsables et connaisseurs des affaires du pays, et pour préserver les intérêts du régime, il a accepté la résolution 598 du Conseil de sécurité, qui a mis fin à la guerre.