Chronologie de la maladie et du décès de l’Imam Khomeini

Pourquoi l’Imam s’excusa-t-il auprès des médecins le 30 mai ?
Au cours des jours qui suivirent son opération chirurgicale, l’état de santé de l’Imam Khomeini se détériora progressivement. Malgré les douleurs, les complications cardiaques et respiratoires ainsi que les traitements éprouvants, il conserva, selon ses proches et les membres du personnel médical, une patience exceptionnelle et une profonde bienveillance. Ce récit revient sur les événements du 30 mai, quelques jours avant son décès.

ID: 86527 | Date: 2025/09/13




Portail de l’Imam Khomeini : Plusieurs jours après l’intervention chirurgicale, les médecins constatèrent progressivement chez l’Imam Khomeini différents symptômes, notamment un essoufflement, une insuffisance cardiaque et une accumulation de liquide dans les poumons. Le 30 mai, ils diagnostiquèrent également une obstruction des voies urinaires.


Immédiatement après l’opération, l’état général de l’Imam semblait relativement satisfaisant. Toutefois, au fil des jours, les médecins relevèrent plusieurs signes indiquant que sa santé ne se rétablissait pas comme espéré.


Le 29 mai, l’Imam Khomeini commença à éprouver des difficultés respiratoires. Les examens révélèrent une insuffisance cardiaque ainsi qu’une accumulation de liquide dans les poumons.


Le lendemain, 30 mai, les médecins constatèrent une obstruction des voies urinaires et une rétention d’urine dans la vessie. Les rapports médicaux indiquent qu’une pression dans la partie inférieure de l’abdomen avait provoqué une sensibilité et un profond inconfort.


Malgré les douleurs physiques causées par la maladie et les traitements médicaux, l’Imam continua, durant toute son hospitalisation, à se comporter avec le personnel médical avec la même bonté et la même bienveillance paternelle.


Seyyed Abdolhossein Tabatabaï rapporte à ce sujet :


« L’Imam était véritablement incomparable dans la patience et l’endurance. Il arrivait que nous devions introduire une aiguille épaisse à travers sa peau jusque dans une veine, afin de lui administrer différents sérums et médicaments injectables.


Il supportait cela avec beaucoup de calme et de patience, sans que la douleur apparaisse sur son visage. Il observait le déroulement des soins et endurait tout avec une facilité étonnante.


C’était comme s’il possédait une force extraordinaire lui permettant de neutraliser la sensation de douleur, pourtant réaction naturelle du corps.


Après l’opération, l’Imam traversa des journées extrêmement difficiles. Il ne poussa pourtant pas un seul cri de douleur. Il se comportait toujours avec gentillesse et bonne humeur envers les médecins et les infirmiers. Il lui arrivait même de s’excuser auprès d’eux pour les efforts et les difficultés que son traitement leur imposait. »


Source : Le Chapitre de la patience, page 188.


Des messages de satisfaction reçus du monde entier


Des responsables, des personnalités et des dirigeants de différents pays adressèrent des messages et des télégrammes dans lesquels ils exprimaient leur satisfaction devant l’amélioration apparente de l’état de santé de l’Imam après son opération et priaient pour son rétablissement complet.


Le 30 mai, plusieurs messages furent reçus, notamment de la part de l’imam de la prière du vendredi d’Antananarivo, capitale de Madagascar, de l’érudit Sayyed Hossein Fadlallah, au nom des musulmans du Jabal Amel au Liban, des religieux et des étudiants en théologie de Lahore, au Pakistan, ainsi que de l’Organisation de la révolution islamique de la péninsule Arabique.


En Iran, comme les jours précédents, plusieurs institutions et organisations organisèrent des prières collectives pour la guérison de l’Imam.


Des étudiants de l’université Allameh Tabatabaï ainsi que des employés réunis au siège de la Banque centrale participèrent notamment à ces cérémonies.


L’Organisation de la propagande islamique de la province de Téhéran publia également un communiqué dans lequel elle remerciait Dieu pour l’amélioration de l’état de santé de l’Imam Khomeini. Elle invita la population à observer un jeûne recommandé le 3 juin, afin de prier pour sa guérison rapide et la prolongation de sa vie.


Son attachement à la prière et à l’invocation de Dieu jusqu’aux derniers jours


Sedigheh Mostafavi, fille de l’Imam Khomeini, évoque dans ses souvenirs l’attachement de son père à la prière accomplie à l’heure prescrite, ainsi que les recommandations qu’il adressait à son entourage :


« Après quelques jours, la maladie se propagea rapidement dans son organisme. Les visages étaient devenus graves et nos espoirs fluctuaient constamment.


Nous comprenions davantage la situation en observant l’expression des médecins qu’en leur posant des questions, car nous avions rarement le courage de les interroger directement sur son état.


Malgré cela, chaque fois que nous allions lui donner à manger, il n’oubliait jamais de nous faire des recommandations morales.


À plusieurs reprises, il nous disait, à mes sœurs et à moi :


“Le chemin de l’au-delà est difficile. Ne commettez pas de péchés. Il est plus facile de renoncer au péché que de supporter le châtiment de Dieu. Accomplissez toujours la prière dès le début de son heure, même si vous devez la faire sur le trottoir d’une rue.”


Une fois, je lui demandai comment il se sentait et s’il souffrait. Il répondit :


“Tout mon corps me fait mal.”


Cependant, sauf lorsque les médecins ou nous-mêmes l’interrogions, il ne parlait jamais spontanément de ses douleurs.


Lorsque nous rapprochions notre visage du sien, nous entendions parfois qu’il récitait des invocations et des glorifications de Dieu.


Lorsqu’il ouvrait les yeux et remarquait quelque chose d’inapproprié, il faisait immédiatement une remarque. Un jour, il dit à mon neveu, Massih :


“Pourquoi as-tu interrompu tes études ? Retourne rapidement à Qom. Durant toutes mes années d’études, je n’ai jamais consacré une seule heure réservée aux cours à une autre activité.”


Une autre fois, je l’entendis dire :


“Ô Dieu, accepte-moi désormais auprès de Toi.”


Sa plus grande préoccupation durant ces jours était la prière. Il ouvrait constamment les yeux pour demander l’heure.


Sur la recommandation des médecins, mon défunt frère lui dit, afin de permettre aux analgésiques d’agir :


“Ne demandez pas sans cesse l’heure. Nous vous préviendrons précisément au moment de la prière.”


Malgré cela, le souvenir de Dieu dominait son esprit, au point que ni la faiblesse provoquée par les médicaments ni celle causée par la maladie ne pouvait l’en détourner.


À plusieurs reprises, il demanda également à voir Ali Agha, mon neveu, qui fut ensuite conduit auprès de lui. »


Source : Le Chapitre de la patience, page 49.


Le souvenir de l’ayatollah Hachemi Rafsandjani : la maîtrise de Hadj Ahmad Agha dans la gestion des affaires


L’Imam Khomeini accordait une confiance particulière à son fils, Hadj Ahmad Agha, qu’il considérait comme l’une des personnes les plus proches et les plus chères à son cœur.


Jusqu’aux derniers instants de la vie de son père, Ahmad Khomeini assuma ses responsabilités avec beaucoup de dévouement.


Dans ses souvenirs datés du 30 mai, l’ayatollah Hachemi Rafsandjani écrit :


« Lors de la plupart des rencontres et des discussions, nous parlons de l’état de santé de l’Imam, de la situation actuelle, des dangers existants et de la question de la direction du pays après lui.


Personne ne veut cependant envisager la disparition de l’Imam.


Chaque fois que j’en ai l’occasion, je me rends à l’hôpital et au bureau de l’Imam.


En toute honnêteté, Hadj Ahmad Agha fait preuve d’un dévouement exemplaire dans la gestion des affaires et la surveillance des soins. Sa capacité à maîtriser ses émotions et sa volonté constitue pour moi une véritable leçon. »


Source : L’Imam Khomeini raconté par l’ayatollah Hachemi Rafsandjani, page 422.