Le récit de feu Mahmoud Doaei sur sa première rencontre avec l’Imam Khomeini

Feu l’hodjatoleslam Seyyed Mahmoud Doaei raconte le soir mémorable où, peu après la libération de l’Imam Khomeini, il aperçut pour la première fois celui dont le nom l’avait profondément marqué depuis son adolescence. Une rencontre brève, mais chargée d’émotion, qui renforça son attachement à la personnalité spirituelle et à l’engagement politique de l’Imam.

ID: 86529 | Date: 2025/10/14




Portail de l’Imam Khomeini : Dans ses mémoires, feu l’hodjatoleslam wal-muslimin Seyyed Mahmoud Doaei évoque sa première rencontre avec l’Imam Khomeini en ces termes :


« Lorsque je suis arrivé à Qom, peu de temps s’était écoulé depuis les événements du 15 Khordad 1342 et l’arrestation de l’Imam. Je me suis installé à l’école religieuse de l’ayatollah Boroujerdi.


Un soir, j’avais pris une marmite afin d’aller acheter de la nourriture dans l’un des restaurants situés près du sanctuaire, pour quelques amis avec lesquels je vivais à l’école.


J’entendis soudain un homme circulant à motocyclette crier :


“L’Imam a été libéré !”


Il parcourait ainsi les rues pour annoncer la nouvelle à toute la population de Qom. Il devait être environ 22 heures.


Toujours la marmite à la main, je me mis à courir en direction de la maison de l’Imam. C’est là que, pour la première fois, j’eus le privilège de contempler son visage béni.


L’Imam était encore plus beau que sur les photographies que j’avais vues auparavant. À cette époque, aucune image de lui n’était diffusée à la télévision et nous ne le connaissions qu’à travers quelques photographies.


Lors de cette première rencontre, je le trouvai beaucoup plus beau et impressionnant que je ne l’avais imaginé. Je lui baisai chaleureusement la main.


Je restai sur place environ une heure avant de repartir. Sur le chemin du retour, j’achetai finalement la nourriture que j’étais allé chercher.


Cette nuit-là se déroula dans une atmosphère de joie et de bonheur intenses. Le lendemain, je consacrai toute ma journée aux visites rendues à l’Imam et aux préparatifs des cérémonies organisées pour célébrer sa libération et son retour à Qom.


Durant les activités militantes que j’avais menées à Kerman, j’avais toujours rêvé de voir l’Imam Khomeini de près. Cette rencontre fut donc pour moi un événement particulièrement important et une immense source de joie.


Le jour où j’entendis pour la première fois le nom de l’Imam


J’entendis le nom de l’Imam pour la première fois lorsque j’étais encore lycéen.


Cette année-là, j’avais passé un mois de mes vacances d’été à Yazd pour rendre visite à mon père. C’était l’année du décès de l’ayatollah Boroujerdi.


Je demandai à mon père quelles personnalités pourraient désormais être reconnues comme autorités religieuses. Il me répondit :


“Hadj Agha Rouhollah, Hadj Agha Rouhollah Khomeini.”


À partir de ce moment, l’Imam s’imposa dans mon esprit comme une personnalité éminente et comme une autorité religieuse capable de prendre la direction du séminaire théologique.


Mon père évoquait son nom au même rang que celui des autres grandes figures religieuses et estimait qu’il possédait toutes les qualités nécessaires pour assumer cette responsabilité.


L’opinion de mon père changea cependant après les événements du 15 Khordad, et il développa alors une autre conception de la direction religieuse des chiites.


Avant ces événements, il considérait néanmoins l’Imam comme une personnalité exceptionnelle sur les plans scientifique, mystique et spirituel. La dimension mystique et la profonde spiritualité de l’Imam exerçaient notamment une très grande influence sur lui.


Je ne pense pas que mon père ait eu l’occasion d’assister aux cours des grandes autorités religieuses de Qom, particulièrement à ceux de l’Imam, car il était beaucoup plus âgé que lui.


Au début de son mouvement, l’Imam avait un peu plus de soixante ans, tandis que mon père mourut à cette même période à l’âge d’environ 84 ans.


Mon père avait connu l’ayatollah Pasandideh à Arak et à Ispahan. C’est par son intermédiaire, ainsi que grâce à d’autres connaissances, qu’il avait été informé de la maîtrise scientifique de l’Imam et de la qualité de son enseignement.


Après avoir entendu son nom, je commençai à m’intéresser davantage à sa personnalité.


Au moment de la contestation des projets relatifs aux associations provinciales et départementales, l’Imam publia plusieurs déclarations et prononça des discours particulièrement fermes et explicites.


Le contenu de ces déclarations, leur détermination et leur opposition claire à l’injustice et à l’oppression étaient remarquables.


Sa prise de position résolue contre le régime du Chah renforça profondément mon intérêt et mon attachement à son égard. »