Le récit de feu Ferdowsipour sur le premier jour de Muharram à Neauphle-le-Château

Alors que la contestation contre le régime du Chah atteignait son apogée en Iran et que les cris de « Dieu est le plus grand » résonnaient sur les toits, l’Imam Khomeini, en exil à Neauphle-le-Château, poursuivait son combat sans jamais délaisser la prière et l’invocation. Ce témoignage raconte un moment particulièrement marquant du premier jour de Muharram.

ID: 86533 | Date: 2026/01/07




Portail de l’Imam Khomeini : Le premier jour du mois de Muharram, le mouvement populaire contre le régime du Chah avait atteint son point culminant. Cette fois, les Iraniens avaient également intégré à leur lutte les proclamations lancées depuis les toits des maisons.


Bien qu’éloigné de sa patrie, l’Imam Khomeini continuait à diriger le mouvement révolutionnaire. Ni la lutte politique ni aucune autre préoccupation ne pouvaient toutefois l’éloigner de l’invocation de Dieu et de ses pratiques spirituelles.


Feu l’hodjatoleslam wal-muslimin Esmaïl Ferdowsipour évoque ainsi l’attention particulière que l’Imam accordait au premier jour de Muharram :


« Le premier jour de Muharram à Neauphle-le-Château coïncida avec la première nuit durant laquelle le peuple iranien proclama le takbir depuis les toits.


Ce soir-là, une personne appela depuis Téhéran et nous dit :


“Je vais placer le téléphone près de la fenêtre afin que vous puissiez entendre les cris de ‘Dieu est le plus grand’ lancés par le peuple, mêlés aux bruits des tirs.”


Nous avons enregistré ces sons, puis nous avons apporté l’enregistrement à l’Imam.


À l’intérieur de sa chambre, l’Imam se tenait debout dans un coin, un chapelet à la main. Il récitait des invocations et lisait la Ziyarat Achoura.


Lorsque j’écoutai attentivement, j’entendis qu’il murmurait :


“Que la paix soit sur toi, ô Abou Abdallah, ainsi que sur les âmes qui ont rejoint ton seuil…”


Alors que nous-mêmes ne prêtions pas suffisamment attention à l’arrivée du mois de Muharram, l’Imam récitait la Ziyarat Achoura sur une terre où elle était peut-être prononcée pour la première fois. »


Extrait de l’ouvrage Enseignements tirés de la conduite de l’Imam Khomeini, volume 3, Éditions Orouj, sixième édition, 2013, page 41.