Quelle était la conception de l'imam Khomeiny des droits des citoyens ?

Chez l'imam Khomeiny, les droits des citoyens s'enracinent dans sa mystique : voyant en chaque être humain une manifestation de Dieu, il portait sur tous, partisans comme opposants, un regard de miséricorde, et tenait le service de Dieu pour accompli dans le service des créatures. De cette vision sociale de l'islam découle un devoir qu'il plaçait au premier rang des obligations des dirigeants : éveiller le peuple à ses propres droits. À rebours de l'usage des savants qui s'adressaient aux élites, il a parlé au peuple dès ses premières déclarations et n'a jamais cessé.

Un regard de miséricorde enraciné dans la mystique

L'imam était un mystique épris de Dieu, qui professait : « Nous-mêmes, quand bien même nous ne le saurions ni ne le comprendrions, nous sommes amoureux du Vrai très-haut, qui est la perfection absolue, et amoureux de Ses œuvres, qui sont la manifestation de la perfection absolue. »

Sur ce fondement, parce qu'il voyait aussi les hommes parmi les manifestations de Dieu, il les aimait, les regardait avec miséricorde et affection, et offrait sans compter cette affection et cette miséricorde à ses partisans comme à ses opposants. Dans une lettre mystique et morale à son fils Hadj Ahmad, il lui recommande de rendre, par la réflexion et l'exercice intérieur, son regard sur tous les êtres, et sur les hommes en premier lieu, un regard de miséricorde. C'est sur cette base qu'il tient le service de Dieu pour réalisé dans le service des créatures.

Un islam social, pas un islam de bibliothèque

Le trait marquant de la pensée de l'imam dans le champ de la connaissance religieuse est son regard social sur l'islam. Il refusait d'en faire une religion réservée aux chaires, aux pages des livres ou aux seuls travaux d'érudition. À ses yeux, l'islam paraît dans son vrai rôle sur la scène de la société, dans la politique et dans la conduite des affaires collectives et individuelles des gens.

Le premier des droits : connaître ses droits

Avec ce regard et sur la base des enseignements islamiques, l'imam reconnaissait au peuple des droits, parmi lesquels celui-ci : il croyait, en parole et en acte, que l'un des devoirs des dirigeants d'une société, peut-être le plus fondamental, est d'éveiller le peuple à la conscience de ses propres droits.

Il voulait que les musulmans grandissent libres dans leur pensée, informés de leurs droits et des devoirs des responsables, et francs dans l'expression des vérités. Avec cette conviction, et à rebours de l'usage qui voulait que les savants et la plupart des réformateurs sociaux s'adressent aux élites, il a, dès les premiers jours de sa lutte et à une ou deux exceptions près, adressé toutes ses déclarations au peuple. Cette pratique s'est poursuivie sans changement après la victoire de la révolution.

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