À QUI POURRAIS-JE LE DIRE ?

À qui confier les douleurs de ma folie,
Sinon au Bien-Aimé ?
À qui demander le chemin de la taverne,
Sinon au Bien-Aimé ?

Tel est le secret de l’amour :
Nul, hormis l’Ami, ne peut le connaître.
Et la douleur de Son absence
Est un chagrin que l’on ne saurait conter à personne.

Voici revenu le printemps nouveau :
Ouvrez donc les portes de la taverne !
Car lorsque vient la saison des fleurs,
La porte de la taverne ne saurait rester fermée.

En souvenir de l’échanson,
Apportez le vin en cette douce saison ;
Il ne sied guère d’entrer au jardin
Le cœur languissant et l’âme assoupie.

Ô idole qui verses le vin,
Libère une boucle de ta chevelure !
Et par le charme de tes tresses,
Exauce le désir de ce cœur en deuil.

Aujourd’hui est le grand jour
De l’amour du Bien-Aimé ;
Tends-moi la main,
Et que l’Ami boive à même la jarre !

À la vue de Son visage,
Les amants ivres furent saisis d’une telle extase
Que désormais, à nul autre que l’Idole enivrante,
Je ne confierai le secret de mon cœur.

 

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