Portail de l’Imam Khomeini : L’hodjatoleslam wal-muslimin Ali Akbar Nategh-Nouri, l’un des compagnons du mouvement de l’Imam Khomeini, a relaté dans ses mémoires plusieurs événements survenus durant les jours précédant la victoire de la Révolution islamique.
Ce témoignage porte sur la rencontre des homafars, membres techniques et sous-officiers de l’armée de l’air, avec l’Imam Khomeini, sur leur défilé devant lui et sur la réaction du gouvernement Bakhtiar.
Il raconte :
« Le 19 Bahman fut le jour où des membres de l’armée de l’air vinrent rencontrer l’Imam.
Il avait été prévu que les homafars arrivent d’abord en tenue civile, leurs uniformes étant dissimulés dans des sacs.
Ils se rendirent au lycée de jeunes filles Alavi, où ils changèrent de vêtements. Après avoir revêtu leurs uniformes, ils entrèrent dans l’école Alavi en formation de défilé.
Leur commandant vint s’adresser à M. Iraqi et à moi. Il nous dit :
“Les homafars vous demandent que, si vos photographes souhaitent prendre des images, ils ne photographient pas leurs visages, car ils risqueraient d’être identifiés.
Ce n’est pas tant pour eux-mêmes qu’ils s’inquiètent. Ils craignent surtout que leurs femmes et leurs enfants soient persécutés. Il leur serait très difficile de voir leurs familles subir des pressions à cause d’eux.
Ainsi, si vous souhaitez prendre des photographies, faites-le uniquement de dos.”
Hadj Mehdi Iraqi donna immédiatement l’ordre aux photographes de ne prendre aucune image de face. Toutes les photographies devaient être réalisées depuis l’arrière.
Un défilé devant le « commandant en chef »
Avant le début du défilé, leur commandant prit un porte-voix.
Comme lors d’une cérémonie militaire officielle organisée devant les hauts responsables et le commandant en chef des forces armées, il s’adressa à l’Imam en le qualifiant de “commandant en chef”.
Il lui demanda ensuite l’autorisation de commencer le défilé des homafars devant lui.
Le défilé commença alors sous les yeux de l’Imam, tandis que le gouvernement Bakhtiar et l’ensemble de son appareil étaient encore officiellement en place.
Nous-mêmes étions stupéfaits. Nous nous demandions ce qui était réellement en train de se produire.
À l’intérieur de la pièce, nous pleurions involontairement. Les homafars eux-mêmes défilaient les larmes aux yeux.
Il existe peut-être encore des images filmées de ce défilé.
La réaction du gouvernement Bakhtiar
L’initiative des membres de l’armée de l’air porta un coup extrêmement dur au gouvernement Bakhtiar.
Le gouvernement aurait alors décidé de bombarder les installations de l’armée de l’air.
Des représentants du gouvernement Bakhtiar informèrent Mehdi Bazargan que de nombreux civils s’étaient rassemblés autour des bases aériennes. Ils lui demandèrent donc d’appeler la population à se disperser, car les forces gouvernementales envisageaient de lancer une attaque contre ces installations.
Cette décision révéla toutefois un grave manque de discernement politique.
Lorsque la nouvelle fut communiquée à la population, celle-ci ne se dispersa pas. Bien au contraire, un nombre encore plus important de personnes se dirigea vers les installations de l’armée de l’air afin de soutenir les militaires. »
Extrait de l’ouvrage Mémoires de l’hodjatoleslam wal-muslimin Ali Akbar Nategh-Nouri, volume 1, pages 187 et 188.